Si j’étais à toi. Plongé dans tes yeux, je me délecterais de te voir, effleurant de mon regard les courbes de ton visage, rêvant de toucher tes lèvres pour atteindre tes sentiments les plus tendres. Allongé près de toi, le temps s’écoulerait sans durée et le contact de ta main me ravirait pour une éternité divine. Celle-ci portée à mes lèvres j’emploierais tous mes sens à inscrire sa forme, sa couleur, son odeur et tous ses plus infimes détails dans ma mémoire, comme une provision de toi au cas où nous viendrions à nous séparer un instant. Je t’écouterais parler pendant des heures avec comme simple ambition de comprendre ton univers et m’y plonger de toute mon âme, de connaître tes goûts pour te plaire, de découvrir tes qualités pour me reposer sur toi et tes faiblesses que nous surmonterions ensemble. J’inventerais les histoires les plus improbables, les agrémentant de mimiques évocatrices à seule fin d’entendre ton rire m’emplir de joie et d’accaparer tes yeux pétillants de bonheur. La teneur de mes sentiments revêtirait des formes et des couleurs que tu ne trouverais que dans mon corps pour peu que tu y colles une oreille attentive. Tu y susciterais des doubles spirales bleu lové au goût acidulé relevé sur la fin d’un soupçon d’épice et qui laisseraient en bouche une touche de fruits inconnus. Tu créerais devant mes yeux une pluie d’étoiles, tantôt montantes et descendantes qui accélèreraient en ligne droite pour disparaître en un éclair, tantôt batifolant au gré de leur humeur, s’entrechoquant ou se rasant du bout des doigts, et cependant toujours captivantes jusqu’à forcer mon intérêt et mon admiration. Un monde onirique ponctué de réalités bienfaisantes où je bataillerais contre les forces qui tenteraient d’occulter tant de félicités, où je tenterais d’enlever la plus formidable des princesses; où, à tes yeux, je serais … ton prince charmant. L’amour se caractériserait dans les gestes de la vie : une œillade suivie d’un sourire lorsque nous nous frôlerions, un fou rire commun alors que nous nous apercevrions que notre compréhension mutuelle se passe de paroles, le sexe comme un prolongement de nos désirs personnels tant notre connaissance de l’autre nous pousserait chacun à partager les mêmes plaisirs. Le ravissement de te rendre heureuse constituerait mon unique accomplissement, des menues attentions quotidiennes au combat de ma vie, servir la grandeur de la tienne. Couverte de fragrances fleurées, mon insistance à te dégager des tracas n’aurait d’égale que ta liberté d’accomplir tes desseins, soutenue sans faille, même dans les pires moments, d’une passion inconditionnelle. Elle ne faiblirait jamais, muerait quand nous vieillirions pour atteindre des nouveaux modèles d’amour, fous jusque dans la mort, finissant en une étreinte digne des plus beaux contes qui mettent en scène de jeunes amants.
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